No Problem! Cliveti in Le Soir

18 april 2005
Sven Gatz


Cliveti : « La règle est respectée » Minodora Cliveti nous livre ses conclusions sur les hôpitaux bruxellois « Des bilingues partout »

Lees hier het artikel van Luc Van der Kelen uit het Laatste Nieuws

Lees hier het artikel van Steven Samyn uit De Standaard

Opnieuw overleg met Cliveti, De Standaard 28/04/05

MICHELLE LAMENSCH (Le Soir – 16 april 2005)

Minodora Cliveti, rapporteuse de l'Assemblée du Conseil de l'Europe, a conclu, vendredi matin, sa visite à Bruxelles où elle a pu apprécier, mercredi et jeudi, sur le terrain, les efforts accomplis en matière de bilinguisme dans les hôpitaux publics bruxellois.

Cette visite faisait suite au dépôt à Strasbourg d'une pétition de politiques flamands qui jugeaient insuffisant l'accueil dans leur langue des patients néerlandophones.

En exclusivité, Minodora Cliveti nous a livré ses premières conclusions en exclusivité

: J'ai partout constaté que la règle linguistique était respectée. J'ai fait le test : on a toujours trouvé quelqu'un pour accueillir le patient dans sa langue.·

* La rapporteuse du Conseil de l'Europe a visité hôpitaux et urgences, où l'accueil ne serait pas assuré en néerlandais. Plainte non fondée, selon elle.

ENTRETIEN – Des Bilingues partout

MICHELLE LAMENSCH (Le soir – 16 april 2005)

Entrer aux urgences, chez vous, cela dit tout... Etre malade en Belgique, ce n'est pas mal... C'est sur ces dernières paroles publiques que Minodora Cliveti, rapporteuse de l'assemblée du Conseil de l'Europe, a quitté Bruxelles, vendredi matin. La parlementaire roumaine a passé deux jours dans la capitale, avec pour mission de constater sur place les efforts de bilinguisme fournis dans les hôpitaux publics bruxellois. Elle s'est également rendue au service d'incendie et d'aide médicale urgente ainsi qu'à l'hôpital Erasme (ULB). Et elle a rencontré une série de personnalités politiques, flamandes et bruxelloises.

La visite de Minodora Cliveti faisait suite au dépôt à Strasbourg d'une pétition de politiques flamands jugeant insatisfaisant l'accueil réservé dans leur langue aux patients néerlandophones dans les hôpitaux publics bruxellois. La rapporteuse nous livre ici ses premières conclusions.

La plainte néerlandophone vous paraît-elle justifiée ?

J'ai parlé avec des directeurs d'hôpitaux, des médecins, des infirmières et des malades. Votre système de santé est remarquable. Les conditions d'accueil des patients et les équipements sont excellents. Toutes les personnes rencontrées ont fait état de très peu de plaintes de malades.

Vous avez aussi rencontré la présidente de la commission permanente de contrôle linguistique...

Oui. Elle m'a affirmé qu'elle avait enregistré 8 plaintes en 2003 et 8 plaintes en 2004. Concernant ces dernières, 5 étaient recevables et aucune ne portait sur une réclamation sérieuse. La présidente m'a dit qu'en 15 ans, la commission avait introduit 3 recours au Conseil d'Etat.

Comment appréciez-vous la situation dans les hôpitaux et services d'urgence visités ?

La situation n'est pas très grave. Tous mes contacts étaient d'accord pour améliorer le bilinguisme dans leurs services. J'éprouve une réelle admiration pour votre modèle belge. Vous avez trouvé des solutions propres à votre pays et vous avez fourni des efforts extraordinaires. Votre législation linguistique est très correcte. Il suffit de l'appliquer.

Avez-vous constaté que la législation sur le bilinguisme n'était pas appliquée ?

Non mais les cas graves éventuels devraient être sanctionnés. J'ai ainsi parlé à un Turc qui se faisait soigner en français. Il ne s'est pas plaint de l'accueil. Je pense qu'en tant que capitale de l'Europe, Bruxelles aura des problèmes avec les autres langues étrangères : arabe, turque, etc. Mais il faut se préoccuper de l'acte médical plus que du problème linguistique. J'ai cru comprendre que des médecins quittent l'hôpital pour la pratique privée, que des infirmières manifestent parce qu'elles ne sont pas assez payées. Là sont les vrais problèmes. Il faut voir les priorités.

Estimez-vous néanmoins que des efforts de bilinguisme doivent encore être fournis dans les hôpitaux et services d'urgence ?

Le chef des pompiers m'a dit qu'il soutenait le bilinguisme de son service. Dans les hôpitaux, j'ai partout constaté que la règle était respectée. J'ai fait le test : j'ai toujours trouvé quelqu'un pour accueillir le patient dans sa langue. On m'a même prouvé qu'on pouvait s'adresser en roumain à un patient roumain...

Que pensez-vous de la réciprocité des droits linguistiques : ceux des Flamands de Bruxelles et ceux des francophones de la périphérie flamande ?

J'ai aussi rencontré deux femmes francophones, témoins de la campagne unilingue flamande menée en périphérie sur la prévention du cancer. L'intérêt du patient doit toujours primer. Le bilinguisme doit toujours être prôné, même là où il n'est pas obligatoire.

Vous avez recommandé à la Belgique de ratifier la convention cadre sur la protection des minorités nationales. Qu'en pensez-vous, à l'issue de votre visite ?

Cela reste un idéal à atteindre...

N'avez-vous pas le sentiment d'avoir été instrumentalisée dans une querelle belgo-belge ?

Peut-être mais cette question ne fait pas partie de ma mission...·